Le vote techno existe-t-il ?

 

En cette période de campagne présidentielle, nous nous devions de nous exprimer non sur les choix à faire, cela regarde chacun, mais sur les questions à se poser, sous l’angle de la culture que nous partageons tous, avant d’aller placer no

 

En cette période de campagne présidentielle, nous nous devions de nous exprimer non sur les choix à faire, cela regarde chacun, mais sur les questions à se poser, sous l’angle de la culture que nous partageons tous, avant d’aller placer notre petit bulletin dans l’urne (en esperant que vous serez en forme le 22 avril, et bien inscrit sur les listes electorales).



La logique voudrait que si on est fan de techno, on devrait voter PS puisque c’est Jack Lang qui a instauré la Techno Parade (et la Fête de la Musique). C’est sûr que de ce point de vue là, l’argument est imparable. Surtout lorsqu’on regarde du côté de l’UMP, et notamment un certain Thierry Mariani, M. anti-teuf et anti-P2P, on a vite fait son choix.



Mais afin d’éviter peut-être une récupération un peu rapide de notre cher mouvement, prenons un peu de recul par rapport à ces paramètres si bien établis. OK, mettons tout de suite de côté le Front National (c’est un choix personnel mais je l’assume totalement, NDA). Tout d’abord, ce n’est pas parce que une fois l’an, à Paris, on a le droit de parader dans la rue sur des chars que c’est le bonheur en France pour les adeptes d’un courant qui reste bien trop souvent marginalisé en province. Toutefois, le fait que le Ministère de la Culture et la Mairie de Paris appuie cette initiative est plutôt encourageant : cela légitimise une musique et ses adeptes, on s’éloigne de l’équation techno=drogue et c’est positif. Un point pour le PS donc (même si l’UMP n’a jamais remis en cause l’existence même de la Techno Parade).



Mais apres plusieurs années à gérer les contacts avec les uns et les autres (teuffeurs, organisateurs, DJs, producteurs...), on se rend compte que finalement faire bouger les choses, cela revient le plus souvent à agir dans un cadre privé, sans subventions ni aide publique d’aucune sorte. Et c’est tant mieux, car c’est à l’origine de la Rave Culture : pouvoir organiser des rassemblements musicaux spontanés, sans un contrôle de l’Etat ou tout autre pouvoir public. De ce point de vue, la famille politique qui se rapproche le plus de cet état d’esprit, ce sont les libéraux : "laisser faire, laisser passer". De plus, de nombreux acteurs de notre scène se sont professionalisés, mais comme on le constate souvent, les réussites économiques autour de la techno et de la musique électronique en général sont plutôt rares. Comment faire tourner un club lorsqu’il n’ouvre que trois nuits par semaine par exemple ? Ceux qui pensent que les patrons de boîtes s’en mettent plein les poches se trompent, la plupart des clubs sont déficitaires etleurs propriétaires investissent souvent à fonds perdus, par plaisir ou par passion. Ou alors ce sont des clubs prestigieux, ou alors on y fait des trafics plus ou moins licites... Idem pour la presse spécialisée (sites Web compris) : le marché de la presse dépendant des annonceurs, ceux-ci étant si peu nombreux à s’interesser à ce curieux courant musical qu’est la techno que peu d’organes de presse parviennent à subsister. Pourquoi pensez-vous que Trax soit obligé d’encarter un CD ? Ah ! Si on pouvait embaucher sans charges patronales ! On pourrait peut-être créer de vrais emplois autour de notre passion commune !



Pour autant, devons nous céder aux sirènes du liberalisme qui nous promet monts et merveilles au paradis du capitalisme ? Pour répondre à cette question, se demander ce qu’est au fond notre mouvement, vers quoi tend-il ? Et quoi d’autre que la recherche de ces valeurs fondamentales qui se placent bien au-dessus de celles des "Travail, Famille, Patrie" qui résonnent encore dans la bouche de certains. On parle ici de la paix et de l’amour, de la liberté et de la justice, de l’art et de la bauté... Un peu d’utopie certes, mais tempérée par un réalisme profond, issu de nos connaissances du monde moderne, des technologies, de l’information et dela gestion du savoir en général.



En attendant les réponses des candidats, retrouvez le questionnaire envoyé à chacun d’eux ici :
Lettre aux candidats (Technopol, 6 mars 2007)



SOURCE: ILLEGAL PARTY




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