L'histoire des free-party

Des ancêtres des free-party eurent lieu dans les Catacombes de Paris dans les années 1980, où les mêmes phénomènes de clandestinité se reproduisaient. Le public en était typiquement une jeunesse étudiante ou désœuvrée, de bon niveau d'étude, familière de l'histoire de Paris. L'assistance en était limitée à quelques centaines de personnes au maximum, à cause de l'exiguïté des galeries, de la difficulté d'accès, mais aussi parce que l'usage d'Internet et du téléphone portable était à l'époque inexistant, limitant ces rassemblements à un petit milieu d'habitués, qui incluait dans une certaine mesure les fonctionnaires de Police assignés à leur surveillance, ainsi que le personnel de l'Inspection Générale des Carrières (IGC).




Mais c'est au début des années 90 que les free parties sont réellement apparues en France. Ce mouvement est arrivé d'Angleterre. En effet, c'est en Grande-Bretagne que ces fêtes ont commencé. Au début des années 80, la techno est apparue dans les clubs anglais mais sous le gouvernement Thatcher, ces clubs furent soumis à des lois draconiennes, comme la fermeture à deux heures du matin. C'est à ce moment que naît le phénomène des raves (to rave signifie en anglais « battre la campagne, s'extasier, déblatérer »), à l'initiative des clubbers souhaitant poursuivre leurs soirées après cette fermeture. Les citadins trouvent alors accueil auprès d'une couche marginale de la population : les travelers (« voyageurs »), sorte de nomades issus du mouvement punk des années 70 et qui sont à même d'organiser ce type d'événements à l'extérieur des villes. Les plus impliqués dans le mouvement s'organisent en tribus et répandent le mouvement à travers le pays. Le 'Sound system' mythique qui fut à l'origine de ce mouvement en france (techno et Free-parties) est le Spiral tribe lors d'une tournée dans le sud de la France en 1991 et 1992, particulièrement autour de Montpellier. Leur influence directe inspirera le cycle Boréalis, une série de sept frees, sur sept années, de 1993 à 2000 qui deviendront de plus en plus commerciales, accompagnant ainsi le mouvement général de mercantilisation que subira la Techno Nation.



Les ravers se retrouvent à l'heure où les clubs ferment pour de véritables jeux de pistes qui les promènent entre différents points de rassemblement. Mais face à la prise d'ampleur du mouvement, le gouvernement brtannique décide de réagir et adopte pour cela de nouvelles lois. On citera en particulier le Criminal Justice Act de 1994 qui « interdit tout rassemblement illégal de plus de trente personnes sur fond de musique répétitive », les raves sont toutes désignées.




La polémique

Bien que ces soirées soient considérées par leurs protagonistes comme des endroits d'échange, de partage et de gratuité, une certaine partie de l'opinion publique française ne le voit pas de la même manière et le phénomène fait souvent l'objet de critiques, plus ou moins fondées.




La repression

C'est au début du mois de mai 2001 que Thierry Mariani dépose, lors des discussions sur le projet de loi sur la sécurité quotidienne (LSQ), un amendement visant à autoriser la police à saisir le matériel dans les free-party, sous contrôle d'un officier de police judicaire. Cet amendement, après avoir été remanié par Daniel Vaillant, est voté par le Sénat le 29 mai 2001. Il est alors inséré dans l'article 23 de la loi 95-73 sur la sécurité quotidienne. Il stipule que les rassemblements à caractère musical organisés par des personnes privées dans des lieux non aménagés et qui ne répondent pas à des critères, fixés par le conseil national, d'organisation et de prévention des risques susceptibles d'être encourus par les participants doivent être déclarés aux préfets des départements dans lesquels l'évènement doit avoir lieu. À cette déclaration doit être jointe une autorisation du propriétaire du terrain. Le préfet est libre de refuser le rassemblement si les critères ne sont pas respectés. Dans le cas où un rassemblement se tiendrait sans déclaration préalable ou malgré une interdiction du préfet, le matériel de son pourra être saisi et les organisateurs punis d'une peine de prison et de 7500 euros d'amende.



En réponse à cette amendement, des députés socialistes et de nombreux autres membres du gouvernement réagissent. C'est pourquoi Lionel Jospin se voit contraint d'annoncer, le 5 juin 2001, le retrait du dispositif anti-raves lors de son passage en deuxième lecture à l'assemblée. Le 26, tous les textes encadrant les fêtes techno dans le projet de loi sur la sécurité quotidienne sont retirés.



À la fin de l'année 2001, après les attentats du 11 septembre, le débat sur la sécurité est relancé et le 31 octobre 2001 est votée une loi dans laquelle on retrouve les précédents amendements un peu retravaillés, ne s'appliquant désormais qu'aux rassemblements réunissant du public sur un terrain pouvant recevoir plus de 250 personnes, soit 90m². Le décret d'application de l'article 53 de la LSQ, dit décret Vaillant, signé le 3 mai 2002, en pleine tourmente des élections présidentielles (le candidat du Front national ayant obtenu 18% des suffrages au premier tour), est pourtant signé par le Premier ministre Lionel Jospin.



La Loi sur la sécurité intérieure proposée par Nicolas Sarkozy en octobre 2002 renforce ces interdictions, mais la circulaire de juillet 2001 appliquant le décret de son prédécesseur tente de faire une traduction pratique d'un dècret assez flou et invite les agents de la force publique à travailler avec les associations de terrain.



L'association Technopol, association pour la défense, la reconnaissance et la promotion des cultures, des arts et des musiques électroniques, dépose un recours auprès du Conseil d'État pour demander l'annulation du décret d'application au motif que le texte fait peser un régime d'autorisation et non un régime de déclaration comme il a été présenté par le Gouvernement aux députés de l'Assemblée nationale.



Le recours a été rejeté et le texte reste appliqué de manière floue. Ainsi des manifestations payantes de plus de 1500 personnes se voient obligées de répondre à ce texte, alors qu'il ne s'applique qu'à des fêtes gratuites, comme l'a précisé le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy dans une réponse écrite au syndicat des producteurs de spectacle vivant (Prodiss).




Les réactions

A l'annonce du vote de cette loi, nombreuses ont été les initiatives de protestation, mais elles n'ont pas rencontré le succès espéré (la plupart des teufeurs étant à l'époque, soit trop certains de la pérénnité de leur mouvement, soit suffisamment motivé pour faire la fête mais pas assez pour en défendre les preceptes).

Il est apparu necessaire, dès les premières saisies, pour la survie de ce mouvement culturel, d'ouvrir les négociations avec le gouvernement. Un peu chaotique dans un premier temps, ces dernières ont finalement pu se structurer, le gouvernement nommant des médiateurs par prefecture et faisant tourner des circulaires afin d'endiguer certains problèmes souvent liés aux refus systématiques des demandes d'organisations (pas toujours justifié aux yeux des organisateurs) ; et les teufeurs s'organisant en collectifs ou associations (Le Collectifs des Sound system, Chep'Art, CTAC, Korg'n Heol...) afin de mener à bien les réunions pour que chaque parties puissent offrir les garanties necessaires au bon déroulement des soirées (des médiateurs issus de ces collectifs servant d'interlocuteurs avec les administrations, aidés ensuite par des bénévoles afin de programmer une organisation logisitque cohérente avec les autorités).

Depuis quelques années, de grands rassemblements ont fait figure de modèle de coopération entre l'Etat et le mouvement teufeur, même si le déblocage de terrains pose toujours quelques difficultés, le dialogue se fait plus simple bien que l'on regrette que ce dernier soit souvent inhérent au climat et ambitions politiques du moment (en témoigne le récent changement de la loi par décret qui porte à 500 (au lieu de 250) le nombre de participants avant déclaration obligatoire qui, malgré la promesse d'une parution éminente se fait encore attendre).

La volonté de coopération et de négociation reste toujours d'actualité malgré tout entre les autorités et le mouvement.

 




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