Les saisies de GHB explosent

 

Les saisies de GHB, cette «drogue du viol» qui aurait vraisemblablement fait deux nouvelles victimes à Montréal en novembre, ont littéralement explosé au cours des dernières années, selon des données de la GRC.



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Les saisies de GHB, cette «drogue du viol» qui aurait vraisemblablement fait deux nouvelles victimes à Montréal en novembre, ont littéralement explosé au cours des dernières années, selon des données de la GRC.



«Quand on regarde les échantillons envoyés pour analyse à la suite de saisies, on parle d'une croissance d'environ 400 % depuis 1999, souligne le caporal Jacques Bordeleau, spécialiste de la question à la GRC.



«Au début, c'était essentiellement relié aux soirées techno et rave, mais maintenant c'est une drogue de bars», dit-il.



Alors qu'à peine 40 échantillons de GHB avaient été envoyés aux laboratoires de Santé Canada par les policiers à la suite de saisies en 1999, ce nombre a explosé au début des années 2000 pour dépasser les 180 échantillons en 2004, selon les chiffres de la GRC.



Perdu la carte


Le 8 novembre dernier, Alexandre Dumas et sa copine assistaient paisiblement à un concert au Cabaret Juste pour rire lorsqu'ils ont complètement perdu la carte. L'homme de 34 ans a repris conscience dans le Vieux-Montréal, avec le nez fracturé et plusieurs ecchymoses au visage. Sa copine a été retrouvée plusieurs kilomètres plus loin, elle aussi avec le visage tuméfié.



Tous deux croient avoir été drogués à leur insu au GHB, mais ne pourront probablement jamais en être certains, selon le caporal Bordeleau.



«Après 12 heures, il peut ne plus y avoir de traces dans le sang et l'urine, explique-t-il. Si la personne dort pendant six heures puis réalise qu'elle a été droguée, le temps qu'elle se retrouve à l'hôpital, les traces peuvent être disparues.»



Décès


Au Centre de toxicologie du Québec, le chimiste Michel Lefebvre est témoin de cas d'usage de GHB à des fins récréatives ou pour des agressions depuis plus d'une dizaine d'années. «Il y a eu des cas où des gens sont décédés», souligne-t-il.



Presque tous les intervenants joints par le Journal de Montréal ont fait remarquer que l'une des particularités de cette drogue est la facilité avec laquelle elle peut être fabriquée.



«Pour faire d'autres drogues comme du crystal meth, par exemple, ça prend un chimiste. Mais du GHB, n'importe qui peut fabriquer ça dans sa cuisine», affirme Jean-Sébastien Fallu, professeur à l'École de psychoéducation de l'Université de Montréal.



Le GHB



Coût d'une dose: Entre 10 $ et 20 $ pour une fiole de 1cc ou 1 gramme (source : GRC).




Le Québec particulièrement touché? Échantillons analysés l'an dernier par les quatre laboratoires spécialisés de Santé Canada :

Longueuil -176

Toronto -67

Colombie-Britannique -28

Winnipeg -1




Le 21 mai 2005, à la sortie du bar Super 9 à Saint-Mathias, huit hommes de 18 à 26 ans s'effondrent en même temps, après avoir été intoxiqués au GHB à leur insu.




Le 12 janvier 2004, le comédien Martin Gendron est retrouvé mort après avoir consommé un cocktail d'alcool, de cocaïne, de marijuana et de GHB.




Dans la nuit du 17 au 18 mars 2002, Manon Morin, 32 ans, de Chicoutimi, meurt des suites d'une intoxication au GHB après avoir fêté au Club Sphinx after-hours de la rue Collard, à Alma.

Vincent Larouche

Le Journal de Montréal







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