Interview Manu le malin trés interressante!

biomekanik III



MANU LE MALIN - Biomechanik 3, The final Chapter
Enregistré dans le musée/bar de H.R. GIGER





 

Si le mix de Manu le Malin débute sur un clin d’œil au rappeur Kool Shen qui a décidé de mettre fin à sa carrière, le meilleur DJ hardcore français n’est quant à lui pas encore prêt de raccrocher. Les branchés et la hype ont décrété que la techno avait fait son temps ? Manu s’en moque et à travers sa musique arrive même à insuffler de la vie aux funèbres décors de H.R. Giger, tout en renouvellement brillamment le concept du set de DJ.

”Biomechanik 3, The Final Chapter” conclut une trilogie débutée en 1997. Si les deux premiers volumes consistaient en des DJ sets accompagnés de morceaux inédits produits par Manu ou des artistes lui tenant à cœur, ce nouvel opus nous emmène encore plus loin dans l’univers du Malin avec l’arrivée de l’image.

Tourné à Gruyères en Suisse, à l’intérieur du musée de H.R. Giger, célèbre peintre et sculpteur qui a notamment créé la créature Alien pour Ridley Scott, ce mix nous immerge totalement dans un monde sombre, dérangeant et à la beauté glaciale. Il est réalisé par Seb Caudron, auteur de clips pour Daft Punk ou Garbage et directeur des effets spéciaux du ”Pacte des Loups” et “Les poupées russes”.

Par ailleurs, un travail titanesque sur l’image a été effectué par Zapdan, aperçu lui aussi récemment sur des clips pour Laurent Garnier ou NTM. Ainsi plus de 100 000 images ont été traitées, en particulier au niveau des textures et des couleurs, afin de coller au mieux à la musique de Manu le Malin et à l’univers graphique de H.R. Giger.


Photo : Marion Ruszniewski

Le résultat va au-delà des espérances, le décor au départ inerte semblant reprendre vie sous les assauts des BPM. Au cœur de tout cela, Manu le Malin, armé de ses quatre platines va jusqu’à se fondre dans ce tableau fantasmagorique. D’autres set de DJ ont certes déjà été réalisés sur support DVD, mais aucun n’était allé aussi loin dans la symbiose entre l’homme, la musique, l’esthétique et tout l’imaginaire qui en découle. ”Biomechanik 3” est une œuvre audiovisuelle à part entière, capable de séduire largement au-delà du public techno hardcore traditionnel et qui sera selon toute vraisemblance bien difficile à égaler. Et pour ceux pour qui seule la musique compte, un CD mixé tout aussi intense leur est destiné en accompagnement du DVD.

Le dernier chapitre certes, mais le plus impressionnant de tous.


Personnage essentiel de la scène techno hardcore internationale, Manu le Malin symbolise toute la lutte d’un genre musical pour son seul droit à l’existence. Que d’épreuves surmontées et de chemin parcouru depuis ce soir de 1991 où Manu, entraîné par des amis, découvre la « rave », son ambiance bon enfant et sa musique inédite. Un véritable bouleversement pour ce jeune parisien d’à peine 20 ans, qui décide alors de changer de vie.

Exit ses premières amours pour le rock alternatif, le punk et le ska. Il décide de se consacrer corps et âme au Djing, et doit se trouver un nom de scène, se sera Manu le Malin en référence au film « Les Frères Pétard » de Hervé Palud. Très vite, il se produit en public, que ce soit dans les free parties naissantes aux cotés du sound-system Psychiatrik, dans les raves du Bourget ou encore lors des mythiques afters du Pont de Tolbiac.

Sa musique, initialement techno/trance, se durcit et se noircit avec l’arrivée des productions de labels comme PCP et Industrial Strength, qui développent alors un son nouveau : le hardcore. Possédant un sens inné du groove et une technique hors du commun, il voit bientôt sa réputation dépasser les frontières de l’hexagone. Sans renier ses racines underground, on le retrouve alors dans de grands événements comme Energy à Zurich en 1995, devant plus de 15 000 personnes.

C’est à la même période qu’il rencontre, lors d’une soirée, l’américain Lenny Dee, responsable du label Industrial Strength. Ce dernier décide de donner sa chance à Manu en lui permettant de sortir son premier maxi « Memory ». La même année, Manu sort deux CD mixés, « Paris Hardcore » toujours sur Industrial Strength et « Hardcore vol 2 » chez les français de Fairway.

Mais c’est en 1997 avec la parution de Biomechanik, nom emprunté aux œuvres du plasticien suisse H.R. Giger, que l’on retrouve Manu au sommet de son art. Celui du mix privilégiant les ambiances à la vitesse, amenant insidieusement l’auditeur vers des contrées musicales insoupçonnées. Au même moment, il crée avec Torgull son ami de toujours, le label 46 Records, qui compte aujourd’hui plus d’une vingtaine de références.

En avril 1998, on retrouve Manu lors de la première rave organisée à Bercy : Métropole Techno. Et en septembre de la même année lors du final de la première Techno Parade, place de la Nation. Sans faire aucune concession, il y représente le son qu’il affectionne, tout comme dans l’émission mensuelle qu’il anime sur Radio Nova : Extreme Terror.

A la rentrée 1999, le deuxième volume de la série Biomechanik est publié par F Communications, la structure d’un autre complice : Laurent Garnier. Le nouveau millénaire voit Manu multiplier les collaborations et les projets sortant du cadre strictement techno et dancefloor. Ainsi il compose la bande-son d’un dessin animé pour Canal + : « Y a un os ».

 


Et surtout, à l’été 2000, il participe avec Torgull à la création d’une œuvre musicale inédite « Hier, Aujourd’hui, Demain » aux cotés de René Koering et de l’Orchestre National de Montpellier. Réconciliant classique et électronique le temps d’un concert magistral au Corrum de Montpellier et au Théâtre du Chatelet à Paris. Ce n’est qu’en 2002, après dix années de passion ininterrompue, que Manu délivre enfin son premier album : « Fighting Spirit » accueilli avec enthousiasme tant par la presse que par le public. Puis il tente l’aventure rock’n’roll avec ses camarades du label 46 Records au sein du groupe Palindrome dont il devient le chanteur. « Rions Noir », premier album de la formation, dont Manu a écrit l’intégralité des textes, sort au printemps 2004.

Depuis, Manu poursuit ses résidences, notamment au Rex à Paris, où lors du festival annuel brestois Astropolis dont il assure la programmation de la scène hardcore. Puis, avec l’arrivée de nouveaux supports musicaux tel le DVD, il réalise à la rentrée 2005 le dernier volet de sa fameuse trilogie « Biomechanik », tourné dans le bar du musée de H.R. Giger. Pour Manu, grand fan de l’artiste helvète, le « rave » est devenu réalité.


 



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INTERVIEW


Manu le Malin (46 Records - Paris)


par TAMARA


 



Il est 1h30 du matin dans la nuit du samedi 8 Octobre ou Dimanche 9 Octobre.


Il fait sombre, presque nuit. Manu le Malin est sur l'arrière de la scène du Zénith de Nancy, seul, accroupi, humant l'atmosphère de cette salle, rêvassant devant les déhanchements d'une foule qui se déchaîne déjà sur les beats ravageurs de Yoni Khan.


Dj charismatique du début de l'épopée, on l'observe et on tente mille et une fois de percer le mystère qu'un artiste de sa trempe nous laisse à chaque fois dans un coin de nos têtes. C'est peut être la que se construit la performance qu'il donnera dans moins de 2 heures. La que l'on prend conscience de ce qui nous attend.


On respire un grand coup avant de porter l'assaut. Ce moment qui lui était jusqu'alors intime vient de s'achever…


Quelques minutes se sont écoulées et nous voici un peu plus loin, à la lumière de la pièce qui constitue le point de rendez-vous des acteurs de ce soir.


Rires, rencontres, accolades, discussions. Mais pour nous, pas question de jouer au malin, le cœur bat à 100 à l'heure, presque plus vite que les battements envoyés par Yoni Khan que d'ici on entend presque plus, absorbés par ce qui constitue la rencontre de cette nuit.


Une telle histoire de cœur est naturellement biologique, mécanique, presque bio-mécanique, mais un brin émouvante. L'artiste force le respect et l'admiration.


" Suivez moi... "


Le mystère n'est pas encore percé que la porte s'ouvre déjà. L'endroit est plus confiné, plus intime pour ce genres de choses : deux chaises, un vitre et… un canapé.


Halte aux pensées obscures, nous sommes désormais face à lui, et lui face à nous. On doit tout se dire.



Derrière la figure emblématique se cache un personnage d'une gentillesse naturelle. Cela n'empêche, Manu est un personnage hors du commun, qui à toujours su garder son franc-parler et qui nous rassure d'entrée de jeu...


"Bien sur que j'ai toujours la foi, la motivation... c'est la même qu'au début!"


Premiers échanges


Manu le Malin nous explique tout d'abord la relation qui existe entre lui et H.R.Giger, une de ses sources d'inspiration principale qui se ressent dans sa musique "ce coté sombre, angoissant..." mais aussi jusque dans sa peau : ses tatouages sont la pour en témoigner.


De la même manière de ce que peut représenter Manu le Malin pour nous, on comprend ce que peut représenter Giger pour lui. Ce personnage suisse fondateur du concept de la Biomécanique, mariage fatal du vivant et de la machine.


"Giger pour moi c'est un maître" lâche t'il.


Le ton est donné, on sent Manu sous le charme.


La série des Biomechaniks s'est achevée dans le bar du musée de son maître. C'est la qu'une équipe de 11 personnes est venue tourner ce DVD. Une aventure où "chaque personne avait son rôle".


Le rôle d'une personne va pourtant être déterminant. Seb Caudron.


"Je lui avait parlé une premiere fois de ce projet lors d'une soirée au Rex Club".


Puis les deux hommes se revoient quelques temps après. Seb Caudron souhaite participer au projet de Manu le Malin.


"Quand j'ai regardé le DVD, je me suis pris une claque. D'ailleurs certains trouveront sûrement cela hard car on s'en prend plein la gueule !".



Seb Caudron est passé par la : 1h50 d'effets spéciaux !



 


"Mon équilibre dépends ce ça"


 


Tamara - Biomechanik commence par une intro de Kool Shen, pourquoi ?


Manu le Malin - Parce que c'est quelqu'un que j'affectionne depuis toujours et ce morceau en particulier. Pour les paroles, tu vois j'ai choisi des petit bouts vraiment, mais si j'avais pu tout prendre je l'aurait fait. Les paroles sont valables pour n'importe qui dans le monde de la musique et même dans la vie en général. Si t'écoutes bien tu vois, il y à le coté "j'ai mon réseau, ma clique..", ça ça marche bien avec moi, et puis il y à "touche pas à ma musique, touche pas ce que je fait", ça aussi ça marche bien avec moi. C'est un message aux gens en général et c'est aussi "garder mon rôle, tenir la tôle, rester en pole, peu confortable mais c'est pas grave, j'aime le challenge, porter le maillot frappé de ceux qui dérangent est un honneur pour moi". Ca aussi c'est un message.


Ensuite il y à le coté "mon équilibre dépends de ça", tu vois c'est vraiment…euh…ouai c'est ma façon de vivre aussi, et c'est valable pour tout le monde je pense. Parce qu'il faut savoir aussi que dans mon cercle de potes ou il y à des gens comme Dee Nasty, on est concerné par des trucs comme ça, donc j'ai eu l'idée de faire l'intro avec ça.


La petite histoire c'est qu'au début ça à été refusé. Sans doute parce que l'approche était..., voilà… avec la techno, j'en sais rien, je ne veut pas non plus faire des plans sur la comète, mais Dee Nasty à passé un coup de fil et ça à été accepté parce qu'ils ont compris pourquoi j'avais fait ça. Non seulement c'est un hommage mais aussi parce que le public que je peux toucher, pour la plupart NTM ça les touchent aussi.



 


"En hollande j'étais cette sorte d'OVNI, balancé comme ça.."


 


Tamara - Tu es en pleine tournée "Biomechanik", une tournée qui passes bien évidement par la France mais aussi la Suisse ou encore la hollande. On te sent assez proche de la Hollande ces derniers temps, pourquoi ?

Manu le Malin - Ouai grave que je kiffe la hollande !


 


Tamara - Peux tu nous dire pourquoi ?

Manu le Malin - Parce que la Hollande en ce moment musicalement ça défonce. Il y à 10 ans de cela il y à eu des trucs énormes avec des labels comme Mokum, des grosses fêtes Hellraider qui ont démontrés l'aspect festif en hollande, ces espèces de grosses messes hardcore. Et puis malheureusement la musique s'est dégradée en hollande pendant des années, on est tombé dans ces espèces de clichés gabber, hooligan, de samples rock, pop, la musique au mètre comme on dit. Et puis depuis 3 ans à travers des gens comme Promo par exemple, ou des labels comme Enzyme et tous les petits labels, ils sont revenus un peu, il y à eu une nouvelle génération. Ils se sont nourris d'une culture que j'appelle hardcore techno, avec des influences de PCP, des gens comme Lenny Dee, comme Producer. Le tempo est re-descendu un peu, la musique est devenue, "plus sérieuse". Ils appellent ça du DarkCore ou Industriel.



Il faut savoir que les hollandais sont d'excellents producteurs, ils peuvent faire de la musique vraiment bonne parce qu'ils ont des studios à portée de main, ils ont un truc à eux. Le danger c'est que quand ils s'engouffrent dans un style ils vont l'utiliser, même le sucer jusqu'à la moelle jusqu'à ce qu'on en soit dégoûté, nous de l'extérieur. Donc il est vrai qu'en ce moment il y a un regain avec des fêtes ou il n'y à plus des line-up avec encore et toujours Neophyte, Rotterdam Terror Corps… je n'ai rien contre ces gars la, je suis obligé de respecter ces mecs car ils étaient la il y à 15 ans, moi je n'écoutait même pas de techno, ils en faisaient déjà. La voie qu'ils ont choisi c'est leur choix, moi je n'adhère pas, mais ils avaient comme cette main mise sur un truc, une sorte de format et puis tous le coté football, hooligans avec tous les extrêmes que ça peut inclure.


Bah moi pendant des années je ne jouait plus en hollande, c'était fini. Ou alors une fois tous les 2 ans j'étais cette sorte d'OVNI balancé comme ça : tiens le Malin la, le francais frenchcore... alors que je ne jouait pas de frenchcore mais des choses plutôt dures. Mais bon voilà les choses tournent, j'y était il n'y à pas encore longtemps dans des clubs de 500 personnes ou il y à des line-up avec par exemple Miss Djax en live, mélangé avec un mec qui fait un live ambiant/expérimental façon "Aphex Twin" et qui est sur le label Third Movement de Dj Promo. Donc des line Up plus colorés, moins formatés, et avec une musique plus sérieuse. Ouai c'est clair qu'en ce moment dans mon bac j'ai beaucoup de productions hollandaises.


Mais tout cela ce sont des cycles, on en reparle dans un an je suis sur que ça aura encore changé parce qu'ils auront tués le truc. C'est comme en Angleterre le coté hardcore-Brekbeat, il arrivera un moment ou on en aura marre et pourtant ce sont eux les maîtres dans ce style la.


 


"Je suis tombé la dessus et j'ai fait : ça c'est mortel, ça c'est mortel !"


 


Tamara - Du coup, ce coté "hollandais" cela se ressent dans ton tracklisting de Biomechanik, il y à beaucoup moins d'artistes francais, est-ce que…

Manu le Malin (coupe la parole) - Beaucoup moins de francais, non ! Il faut savoir une chose, moi je ne fait pas un tracklisting en fonction de la géographie, je ne suis pas en train de me dire " Tiens lui faut que je le mette… ". Je ne suis pas une radio, je n'ai pas l'obligation d'avoir un quota francais. Il se trouve que la musique francaise actuellement ne me plait pas en tant que dj. C'est personnel, point barre. Il y quelques années il y avait plus de productions francaises dans mes mixes, et puis pour ce que j'ai sorti en CD on retrouvait plus d'artistes francais.


Au jour d'aujourd'hui, j'ai écouté plein de choses, et euh…. Bon évidemment on retrouve Aphasia, Torgull, ils ont fait des titres spéciaux pour Biomechanik mais si leurs titres ne m'avaient pas plu je ne les auraient pas pris. Non seulement ils sont francais (et on s'en fout grave), mais en plus ce sont mes meilleurs potes. Ce n'est pas du copinage, ni de la géographie. Ce que je fait, c'est de la musique. Maintenant, ouai le tracklisting il y à pas mal d'hollandais, mais c'est parce que les disques me plaisent, c'est tout.


Par contre en tant que francais dans mon tracklisting tu retrouves "Mouse" qui est sur un label de la région de l'Est d'ailleurs, et qui est un label complètement Underground. D'ailleurs son disque, il est atterri dans mon bac je ne sait même pas comment. Au moment de faire le tracklisting chez moi, ça à duré quelques mois, j'ai écouté plein de trucs et je suis tombé la dessus et j'ai fait "Ca c'est mortel, ça c'est mortel…".


Sinon j'ai pris plein plein plein de disques, j'ai fait différent mixs, j'ai préparé le truc…il y avait certainement des francais au passage mais à la fin ils ne sont plus la. On m'à fait la réflexion souvent, quasiment à chaque interview.



Pourquoi il n'y à pas de francais ? simplement parce que je n'ai rien contre les francais mais la musique qui est faite en ce moment, on ,a dire par les différents fer de lance ou activistes francais, ne me correspond pas, point barre. Si demain ils font de la musique qui me correspond je la joue, voilà. Même les gens que je ne peut pas blairer,leur musique je la joue... et il y en à. Dans mon bac j'ai deux disques d'un mec que je ne peut pas blairer mais bon quand je joue sa musique, c'est sa musique que je joue, je ne suis pas en train de discuter avec lui, donc je m'en fout. La musique c'est la musique, il ne faut pas tout mélanger.


C'est un art la musique, un moyen de communication. Pas de paroles, pas de langages, pas de races, pas de religions.


 


"J'ai touché cet espèce de truc intouchable"


Tamara - Tu as dit que ce serait le dernier "Biomechanik", pourquoi ne pas continuer la série ?

Manu le Malin - Parce que je voulais déjà arrêter au second Biomechanik, mais avec cette nouvelle forme, ce nouveau support qu'est le DVD je ne vois vraiment pas ce que je pourrais faire d'autre. Refaire un CD mix ça voudrait dire refaire la même chose et c'est pas vraiment dans mon caractère de faire ça. C'est aussi pour cela que je ne sort pas beaucoup de disques, car la musique au mètre ça ne me branche pas, je n'ai pas envie de faire tout le temps le même maxi, qu'on dise que Manu bah, c'est toujours la même chose. Je marche comme ça pour tout.


Puis je pense que c'est bien de clôturer un truc, voilà c'est le " Final Chapter ", pour moi j'ai touché cet espèce de truc intouchable chez Gigger, j'ai touché son univers, j'ai son approbation... qu'est ce que demander de plus ?


Il arrive un moment ou je n'ai pas envie de surfer mes acquis. On parlait de la Hollande, les séries Thunderdome, tu vois elles en sont à Thunderdome 25…? Et pourtant il y à quelques années c'était quelqu'un d'autre qui s'occupait des tracklisting et il y avait une nouvelle approche " Thunderdome " avec des pochettes différentes, super minimales, noires avec des tracklisting super intéressants. La preuve en est c'est que j'ai joué dans deux soirées Thunderdome d'affilé alors que je n'avais jamais été approchés par ces gens la. Pendant des années ils ont surfés sur un truc, puis ils s'y sont perdus et à la fin ça n'à plus marché. Je n'ai pas envie de faire ça. C'est ma manière de faire, d'évoluer, de me mettre un challenge.





Tamara - En bonus on peut trouver également une interview avec Henry Chapier. Pourquoi Chapier plus particulièrement ?

Manu le Malin - C'est encore une idée d'un pote. Je n'ai pas beaucoup d'idées en fait, mes potes ont des idées pour moi et ensuite je les développent :-)



Il faut savoir qu'avec Chapier on s'est rencontré à l'époque où je bossais à Radio Nova et ou il faisait des chroniques et puis au fur et à mesure j'ai entendu parler que quand on lui parlait de techno, il citait un mec, et c'était moi. Je l'ai vu lors des deux premières Techno-parades quand on à fait un char, il était la, il nous soutenait. Il me respecte, moi c'est un mec que je respecte énormément, Henry Chapier c'est un bonhomme qui est la depuis longtemps qui à une carrière immense. Pour moi de fréquenter un mec comme ça, de le rencontrer régulièrement c'est intéressant et j'aime bien le décalage qu'il y à entre nous.


On cherchait quelqu'un pour faire plus une biographie, une présentation du projet pour tout ce qui est Presse, médias etc… parce qu'il faut faire les choses comme elles doivent être faites et la personne que l'on avait choisie s'est désistée pour plusieurs raisons et du coup mon pote à pensé à Henry Chapier. En plus il va avoir une approche et un discours tellement propre à lui que c'est complètement décalé, et c'est bien... ça me correspond.


Je suis arrivé à l'interview et je ne savais absolument pas ce qu'il allait me dire, d'ailleurs à l'image ça se voit de temps en temps le temps qu'il finisse sa question, je ne sais plus ce qu'il me demande. Non c'est un mec que j'adore.


La petite blague c'est que chez Fogiel (l'émission " On ne peut pas plaire à tout le monde ") à un moment il demande à Chapier " Alors vous êtes fans de techno ? Jack de Marseille etc… ? ", et lui il sort " Non moi c'est Manu le Malin ". Suite à cela il à reçu des emails de plein de gens, et il à même reçu des démo hardcore. C'est mortel cet espèce de pont qui se créent entre les gens qui vu comme ça de extérieur pourraient n'avoir rien à voir, et c'est dommage de ne pas aller voir à droite et à gauche ce qu'il se passe, et de rester confiné à la techno et son petit monde.


 


"2006, je vais la déchirer de haut en bas !"


 


Tamara - Maintenant que tu as terminé Biomechanik, est ce que tu as déjà en tête d'autres projets ?

Manu le Malin - J'attends que mes potes en aient ! :-)
Je vais attendre que ça retombe un petit peu, ça vient de sortir, j'attends d'avoir des retours, d'ailleurs je panique un peu. Et puis ma situation géographique en ce moment fait que mon studio est démonté, tout mes disques sont rangés, je déménage je ne sais pas ou d'ailleurs. Mais une fois que tout sera remonté, j'ai dit à quelqu'un il n'y à pas longtemps que 2006 j'allais la déchirer de haut en bas ! Donc une fois que mon studio sera remonté il se peut que ça me trotte dans la tête que je m'attèle à un deuxième album. Peut être pas un double…j'en sait rien en même temps. Peut être un triple du coup. Je n'en sait rien. J'aime bien les choses en grand moi :)


 


Tamara - Palindrome, est-ce que tu vois aujourd'hui une suite à donner à ce projet ?

Manu le Malin - Palindrome c'est un groupe donc je ne suis pas le seul à décider. Il y à de la musique nouvelle qui à été faite. Les gars bossent, pas constamment parce qu'ils ont aussi différents projets et une autre vie. Et donc le vilain petit canard de la bande c'est moi car il faut que j'écrive les textes et il faut savoir que j'ai un peu tout craché sur le 1er abum et que je n'ai pas envie de me répéter. Au jour d'aujourd'hui, c'est en pause.



Est ce qu'il y en aura d'autres ou pas, je n'en sait rien et puis je ne suis pas le seul à décider. Et ce que j'y participerait ? foncièrement j'en ai envie, ensuite est ce que j'en suis capable ? je ne sait pas. Est ce que je suis capable d'écrire des textes, est ce que je suis capable de repartir en tournée avec tout ce que ça comporte. Physiquement et psychologiquement c'est quelque chose de complètement différent par rapport à ma vie de dj's, et c'est quelque chose qui m'à un peu bouffé pendant un an. J'ai eu beaucoup de plaisir mais ça à été très fatiguant. Donc est ce que je suis capable de repartir la dedans, je n'en sait rien. J'en ai envie oui, on en parle mais est ce que je peut ? et une chose est sûre, si je ne peut pas je ne ferait pas semblant. Donc on verra.


 


Tamara - Concernant The Driver est-ce que c'est toujours quelque-chose qui te motive autant ?

Manu le Malin - J'ai voulu prendre ce nom pour éviter les situations dans lesquelles je me suis trouvées quand j'ai envie de jouer techno et qu'en face de moi j'ai un public hadcore ou peu importe et qui me regarde en disant " Fait péter ". Comme ça j'évite cela. Pour l'instant les mecs continuent de mettre The Driver aka Manu le Malin parce qu'il faut bien mettre un nom, il faut du monde à la soirée. Mais au final j'aimerai bien qu'il n'y ait plus que The Driver parce que j'aime aussi, j'adore même, jouer techno pendant des heures. Toute la nuit tout seul dans un club, 7 heures de mix, j'adore ça.


Toute la musique que j'ai faite récemment et qui est sur des DAT, je ne sais pas si ça sortira, ce n'est que des trucs




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