Teknival de Champniers 1, 2, 3 Sept.

 

On ne peut pas dire que l'annonce du Teknival d'automne à Champniers le week-end prochain fasse des heureux. Pas même du côté des organisateurs. Si du point de vue des acteurs locaux, la perspective de voir débouler 30 000 à 40 000 personn

 

On ne peut pas dire que l'annonce du Teknival d'automne à Champniers le week-end prochain fasse des heureux. Pas même du côté des organisateurs. Si du point de vue des acteurs locaux, la perspective de voir débouler 30 000 à 40 000 personnes ne ravit pas les foules, on est en revanche en droit de s'interroger sur ce qui chagrine les médiateurs.

« Nous ne voulions pas communiquer sur l'événement avant mercredi », déclare Etienne Ponsonnaille, « parce qu'on voulait toucher un public d'habitués ». Des raveurs « qui sont là pour faire la fête et pas seulement la consommer ».




Un public éduqué. Entendez, des jeunes qui, depuis dix ans qu'existent ces rassemblements -autorisés ou non- ont été sensibilisés à la préservation des sites et « responsabilisés ». S'ils sont là avant tout pour s'enivrer de sonorités électro, ils n'en n'oublieraient donc pas toujours selon les médiateurs de « jeter leurs cannettes dans les poubelles et de ramasser leurs mégots de cigarettes ». Ils n'hésiteraient pas non plus à retrousser leurs manches au lendemain de la fête « pour essayer de rendre le site aussi propre qu'on nous l'a laissé ». Car ils le reconnaissent, « on n'est pas dans une zone de non droit ».

Mais voilà, en diffusant l'info une bonne semaine avant, les médiateurs craignent de voir affluer une population plus nombreuse. Ils évoquent une fréquentation possible de 50 000 personnes, dont des groupes pas franchement attachés au « mouvement artistique et populaire » dont se revendiquent les initiateurs du Teknival. Sans compter qu'avec déjà 45 sound-systems inscrits à une semaine de la rave-party, il sera difficile « d'orienter tout le monde vers le sud », comme le demande le préfet pour minimiser les nuisances sonores en direction des villages les plus proches.




A chacun ses responsabilités. Dès lors « il ne faudrait pas que ça nous retombe sur le dos », prévient Etienne, pas prêt à assumer toutes les responsabilités. Au point d'avoir pris contact avec un avocat pour se « couvrir juridiquement en cas de recours ». Le même ne veut pas non plus jouer le « bouc émissaire politique » dans ce que ces jeunes entrevoient déjà comme un possible match entre les deux présidentiables : le ministre de l'Intérieur et la présidente de Poitou-Charentes.

Du côté de Médecins du Monde, on se prépare aussi « au pire, comme toujours ». Forte d'une expérience de dix ans aux côtés des raveurs, l'association, à travers sa mission spécifique rave-party, prépare son dispositif pour la Charente. Des bénévoles dont le travail premier est la réduction des risques.

« Pour les trois jours, on sera une bonne cinquantaine de bénévoles au coeur du site », annonce Cyril, responsable de la mission rave à Bayonne, qui a visité l'aérodrome cette semaine. Si le site correspond à ses attentes en matière d'organisation, il s'étonne de constater pour la première fois « qu'une réquisition touche autant d'activités ».




Attaque en justice. Ce sentiment est partagé par Alexandre Mourra, le président de la CCI, gestionnaire des lieux. « j'ai bien été contacté par le préfet mardi, mais on ne m'a pas demandé mon avis pour autant », martèle-t-il. Alors « contraint et forcé » il entend peser de tout son poids politique pour que les usagers que sont Héli'Union (1) et l'Aéroclub aient des garanties de sécurité. Alors qu'on annonce l'arrêt de toute activité in situ dès lundi.
Pas de quoi rassurer lesdits utilisateurs qui, hier, par l'intermédiaire du Conseil national des fédérations aéronautiques et sportives, ont rappelé leur décision « d'attaquer en justice toute mesure qui serait prise par l'administration pour réquisitionner ce terrain ».

Si le tribunal donnait raison aux "anti teknival", cela pourrait avoir des conséquences encore plus désastreuses que la fête elle-même. « Je comprends les gens, c'est vrai, c'est pas le meilleur site ».
Mais désormais la machine est lancée. « Et avec ou sans autorisation, elle se tiendra », assure Etienne. Autant qu'elle demeure dans la légalité, dans l'intérêt général.

(1) Les responsables d'Héli' Union, pas plus que le président de la fédération française d'aéronautique, n'étaient joignables hier.




Source Sudd ouest




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